Publié par : julialp | 9 avril, 2008

Le charbon propre: une solution à problèmes

Parler énergie ces derniers temps, c’est devenu synonyme de production renouvelable et diminution de la consommation. Très à la mode, les chaufferies bois, éoliennes, et autres énergies dites non polluantes concentrent la majorité des projets énergétiques de demain. Quid des énergies fossiles? Bien que souffrant d’une très mauvaise image, elles restent notre principale source de production, et devraient combler, selon l’AIE (Agence internationale de l’énergie) encore 90% de nos besoins en

usine charbon propre?

2030. Face à ce constat, certaines institutions et entreprises, comme l’IFP (institut francais du pétrole), tentent aujourd’hui de redorer le blason du charbon.

On le croyait symbole d’un autre temps. Il se pourrait que le charbon n’est pas dit son dernier mot.

Encore très utilisé dans les pays en voie de développement (il produit notamment 70% des besoins en électricité de la Chine et représente la moitié de la consommation énergétique indienne), ce combustible est sur la voie d’une nouvelle jeunesse, en devenant une énergie « propre », ou plus précisement, en ne rejetant plus de CO2. Le principe est assez simple: le charbon est gazéifié à une température très élévée, grâce à un mélange de vapeur et d’air. Durant ce processus, le C02 est isolé, séparé de l’hydrogène. C’est ce dernier qui sera ensuite brûlé pour produire de l’électricité, dans des centrales à hydrogène.

Un intérêt mondial

De nombreux pays sont intéressés par ce procédé, notamment parmi les pays occidentaux.

Le 15 mars dernier, au Danemark, la première centrale pouvant capter le CO2 issu du charbon a été lancé. Elle ne produit pas encore d’électricité, mais sert de test quant à la récupération du C02. L’IFP a été un des partenaires de l’opération. L’institut développe en parallèle le programme CACHET, qui devrait encore améliorer le processus de captage du C02.

Usine Esbjerg

L’usine Esbjerg, au Danemark

En Australie, le groupe BP et Rio Tinto étudie la possibilité d’installation d’une usine à hydrogène près de Perth. L’avantage: des mines houillières à proximité.

Enfin, les leaders dans le domaine sont indéniablement le projet américain FUTUREGEN et son homologue européen HYPOGEN. Avec respectivement 1 et 2,8 milliards d’investissement, les deux pays, au coude à coude, cherchent à mettre au point l’usine qui produira l’électricité tout en isolant le CO2.

Repousser le problème

Malgré les espoirs portés par ces projets, ses principaux opposants s’interrogent à voix haute sur le devenir du CO2 isolé.

En effet, la solution envisagée aujourd’hui dans les différents projets est l’enfouissement de ce gaz dans des couches terrestres profondes. Mais, selon Alain Bonneville, de l’Institut de Physique du Globe, « c’est un gaz acide qui réagira avec le milieu dans lequel il va être injecté « , autrement dit qui risque de transformer le milieu dans lequel il sera injecté. Même réponse de la part de Gilles Munier, du groupe d’ingénieurie souterraine Geostock, »on va fortement perturber le système souterrain avec le CO2. Même si c’est en profondeur, il ne faut pas perturber l’écosystème.  »

Alors, le charbon, comme solution miracle? Peut-être, mais il faudrait tout de même se demander (et demander aux différents porteurs de projets) si polluer le sol pour ne plus polluer l’air reste une solution de simple bon sens.

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Responses

  1. Le charbon plus ou moins propre ne sera pas mis au point avant 2030 en vraie grandeur, à condition que les rares centrales expérimentales (à petite échelle) en cours de construction donnent les résultats escomptés.

    De toute façon, une partie seulement du CO2 sera éliminée, peut-être moins de la moitié. En tenant compte de l’énergie supplémentaires nécessaire pour faire fonctionner ces futures centrales, il n’est pas certain que la quantité de CO2 évitée soit bien élevée, alors que les coûts seront beaucoup plus importants.

    En attendant que cela se généralise, le charbon aura disparu en grande partie et la production de charbon annuelle aura beaucoup diminué après être passée par un maximum (peak coal) vers 2030 : http://futura24.site.voila.fr/charbon/charbon_fin.htm

    La seule solution viable est de réduire considérablement les besoins en énergie, pour l’essentiel dans le bâtiment et dans les transports.

    Les solutions existent :
    – construction selon l’architecture bioclimatique,
    – produire localement pour consommer localement.


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