Publié par : Meven | 29 janvier, 2008

La Commission européenne électrise les positions autour de l’énergie

Le 23 janvier dernier, la Commission européenne a rendu public son nouveau plan contre le réchauffement climatique. Il s’agit d’une série de mesures visant à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. Une ambition annoncée depuis quelques années mais qui devrait bénéficier de nouveaux moyens. Avec, entre autre, une augmentation du coût de l’électricité pour les consommateurs européens. De quoi susciter des réactions mitigées.

L’objectif principal est simple : mettre en application le principe du pollueur-payeur. Avec son nouveau plan contre le réchauffement climatique, l’Union Européenne entend bien se montrer en exemple à la face du monde. Quitte à se sentir un peu seule …

Ainsi, les entreprises européennes devront peut-être bientôt payer leur permis de polluer. Il ne s’agit pas là de pénaliser les entreprises, mais de les inciter à polluer moins en employant des moyens de production plus propres. C’est donc une sorte de taxe, qui sera instaurée progressivement dans l’industrie lourde, comme la sidérurgie, la pétrochimie ou le transport aérien. Ceci dit, il en est pas de même pour tout le monde. En effet, les producteurs d’électricité devront, eux, s’acquitter directement de la taxe au prix fort pour bénéficier du droit de polluer. On peut alors s’interroger si cela aura des répercussions pour les consommateurs. Car en termes de coût, cela représente tout de même 60 milliards d’euros d’ici 2020, ou, plus concrètement, 3 euros par semaine et par personne. Ces recettes seront versées aux États membres et devraient être utilisées pour aider l’UE à s’orienter vers une économie respectueuse de l’environnement en soutenant l’innovation dans des domaines tels que les sources d’énergie renouvelables, le piégeage et le stockage du carbone et la R&D.

L’énergie renouvelable comme avenir

Autre mesure phare de ce plan contre le réchauffement climatique, le développement significatif de l’énergie renouvelable (éolien, solaire, hydroélectrique, …). Encore une fois, c’est le chiffre 20 qui a été retenu : 20% de la consommation énergétique totale de l’UE devra provenir du renouvelable d’ici 2020. Un objectif plutôt contraignant pour plusieurs Etats membres, qui devront faire un réel effort pour atteindre cet objectif. la France devra ainsi passer de 10,3% en 2005 à 23% en 2020, malgré le fait qu’elle prévoyait un maximum de 20%. L’Allemagne devra passer de 5,8% à 18%, la Suède de 39,8% à 49% et la Pologne de 7,2% à 15%. Un article AFP, repris par le site lexpansion.com, cite d’ailleurs Andris Piebalgs, commissaire à l’Energie, annoncant que « 20 pays membres sur 27 acceptent à ce stade leur objectif national», tout en précisant par la suite que ce dernier n’a pas précisé quels étaient les sept récalsitrants.

Déjà des critiques

Bien évidemment, difficile de croire que ce plan passe comme une lettre à la Poste auprès de tous les acteurs concernés. Craignant pour leur compétitivité, la grogne des industriels commence à se faire entendre. Pour le patronat belge, la facture est « trop salée« , alors que l’indutrie chimique allemande craint pour ses investissements après 2012 … Mais ils ne sont pas les seuls. Ainsi, Greenpeace salue la démarche mais dénonce un « manque d’ambition« .

En revanche, le MEDEF semble adopter une ligne de conduite totalement différente, en voulant tirer profit de la vague développement durable. Aisni, Laurence Parisot, présidente du MEDEF, annonce un engagement particulier où « la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité et de l’environnement, ne doivent pas être vus comme des contraintes mais comme des opportunités. De nouveaux marchés vont s’ouvrir, de nouveaux produits et services devront être inventés, de nouveaux modes d’échanges devront être créés. C’est une chance pour notre économie, il faut que les entreprises françaises la saisissent ! »

« La France sera au rendez-vous »

Malgré les critiques, l’europe garde le cap. Il faudra tout de même l’approbation des 27 Etats membres et du Parlement Européen pour que ce plan entre en vigueur. Mais déjà en France, le suspense a été très court. Jean-Louis Borloo, Ministre de l’écologie et du développement durable, a d’ores et déjà affirmé que « la France sera au rendez-vous« , assurant également que « la France fera de l’adoption du paquet « climat-énergie » une des toutes premières priorités de sa présidence de l’Union européenne au second trimestre 2008« . Comme quoi, un Grenelle peut donner des ailes …

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