L’usine de méthanisation (pdf) Géotexia Méné, qui sera implantée à Saint-Gilles-du-Méné est un projet sur les rails depuis une dizaine d’années. Les complexités administratives devraient bientôt être toutes résolues et la construction de la première usine du genre d’envergure en France va finalement commencer. Jusqu’à présent quasi inexistante dans le pays en comparaison à l’Allemagne, la méthanisation à la ferme apparaît aujourd’hui comme une solution intéressante pour les éleveurs.
“Un parcours du combattant” de l’aveu des agriculteurs à l’origine du projet. La construction de l’usine de méthanisation Géotexia Méné devrait débuter ce mois-ci. Elle sera opérationnelle fin 2009. L’idée était pourtant née dans la têtes des initiateurs du projet dès 1995. Mais vu l’envergure du projet, les démarches administratives ont été beaucoup plus lourdes et compliquées que prévues. Car cette usine n’a pas son pareil en France.
Alors que les actuels projets d’usines en France comme en Bretagne sont généralement menés par des agriculteurs indépendants, le projet Géotexia est poussé par une Cuma regroupant trente agriculteurs. 35 000 tonnes par an de lisier et 40 000 tonnes de déchets agro-industriels seront traitées chaque année, et elle pourra produire 12 millions de KW/h par an selon Usine Nouvelle. A titre de comparaison, Nowlenn nous parlait sur ce même blog il y a deux mois du projet de Jean-René Lepage à Lennon dans le Finistère qui produira un peu moins d’un milion de KW/h électriques par an. Sans parler de l’énergie thermique générée, aujourd’hui moins rentable financièrement que l’électricité rachetée par EDF mais tout aussi importante.
Avant Géotexia, le projet de Lannilis avorté
Un autre projet d’envergure avait été étudié en Bretagne. A Lannilis dans le Finistère. Cette usine aurait traité plus du double de lisier et de déchets que ce qui est prévu pour Géotexia. Près d’une soixantaine d’agriculteurs y étaient associés. L’importance du projet a fait peur à la population et il a été avorté il y a trois ans. Brest OuVert, site d’information lancé par les Verts brestois, s’était à l’époque réjoui de l’annulation de ce projet. Le porte-parole des Verts de Brest précise en commentaire sur ce site que ces usines sont pour eux une invitation à produire plus et que la solution toujours selon ce même Vert brestois serait de “produire mieux”.
Une solution aux problèmes d’épendage
Les éleveurs à l’origine de Géotexia ne prévoient pas d’augmenter leur production. Ils expliquent d’ailleurs que leur usine de méthanisation a avant tout pour but de les aider à mieux gérer les déjections animales. En effet, ces éleveurs n’ont pas assez de place pour épendre leur lisier. Alors en plus de produire de l’électricité et de la chaleur, Géotexia sèchera l’excédent des résidus qui ne seront pas épendus pour transformer ce surplus en engrais organiques, qui seront revendus et exportés. Et pour que la boucle soit bouclée, les résidus liquides de l’usine seront traités et irrigeront des saules (voir l’article de Libération repris sur ce forum) qui eux-même serviront à une chaudière à bois. C’est ce que ces agriculteurs du Méné appellent la “cohérence territoriale”.
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